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Musée da Silva des arts et de la culture

Une maison aguda de 1890 devenue en 1998 un musée de la mémoire afro-brésilienne et de la traite.

Maison afro-brésilienne du musée da Silva à Porto-Novo
Musée privé, maison afro-brésiliennePorto-Novo, Ouémé

Entre la lagune et la cathédrale de Porto-Novo, le musée da Silva occupe une maison afro-brésilienne construite en 1890 pour une riche famille aguda. Inauguré le 2 novembre 1998 par son fondateur, Urbain-Karim-Elisio da Silva, ce musée privé est consacré à la culture afro-brésilienne et à la mémoire de la traite.

Histoire du musée da Silva

Le musée doit tout à Urbain-Karim-Elisio da Silva, figure de la vie sociale et politique du Bénin. Porte-parole de la communauté musulmane du Dahomey, il fut candidat à l'élection présidentielle de 1968. Homme d'affaires, il reçut dans les années 1990 le titre de consul honoraire du Brésil.

Il crée le musée sur ses fonds propres et l'inaugure le 2 novembre 1998, jour de son anniversaire. Le président Mathieu Kérékou, le représentant de l'UNESCO et le ministre de la Culture assistent à la cérémonie.

Selon l'historienne Ana Lucia Araujo, cette fondation s'inscrit dans le mouvement de mise en valeur du patrimoine lié à l'esclavage qui traverse le Bénin depuis le début des années 1990. Au musée da Silva, cette mémoire s'accompagne d'une mise en avant des liens avec le Brésil.

Une maison aguda

La maison a été construite en 1890 et appartenait à une riche famille de « Brésiliens », que l'on appelle aussi Agudas. Ce nom désigne les descendants d'esclaves affranchis revenus du Brésil et les familles liées aux commerçants portugais, qui ont marqué l'architecture de Porto-Novo.

Elle compte deux étages et deux bâtiments annexes. Elle passe pour l'un des exemples les plus remarquables de l'architecture afro-brésilienne de la ville. Certaines pièces sont meublées dans le style de l'époque, et de vieilles photographies ornent les murs.

À voir sur place

Dès l'entrée, le long de la clôture, des bas-reliefs en bronze retracent le commerce triangulaire et la marche des captifs. Cette fresque s'intitule « devoir de mémoire de l'esclavagisme européen ».

À l'intérieur, chaque partie du bâtiment traite un thème :

  • la civilisation africaine et la civilisation gréco-romaine ;
  • des personnalités noires de renom ;
  • les femmes ;
  • le patrimoine musical des Noirs, avec disques vinyles et tourne-disques.

Le fonds comprend aussi des portraits de famille, des photographies de Pierre Verger prises au Brésil et au Bénin, des gravures de voyageurs du XIXe siècle et des publications illustrées françaises comme Le Petit Journal.

Sens et mémoire

Pour Ana Lucia Araujo, le musée da Silva construit une mémoire de l'esclavage « reconstituée ». Il se lit autant comme un portrait de son fondateur, composé de fragments, que comme un récit historique.

Le propos s'appuie beaucoup sur des images européennes, gravures de voyageurs et journaux illustrés français, qui portent le regard de leur époque sur l'Afrique et le Brésil. Les objets, les textes et le discours des guides ne se rejoignent pas toujours : le visiteur garde une grande liberté d'interprétation.

Visiter le musée, c'est donc aussi observer comment une famille aguda raconte sa propre histoire et celle de la traite, un siècle après la construction de la maison.

Le saviez-vous ?

Karim da Silva mettait en avant une ascendance maternelle liée à José Abubakar Paraíso, qu'il présentait comme un meneur de la révolte des Malês, le soulèvement d'esclaves musulmans de Bahia. Le musée rattache ainsi Porto-Novo à l'histoire des deux rives de l'Atlantique.

Lors de l'étude d'Ana Lucia Araujo, publiée en 2007, le site comprenait aussi un restaurant, une petite hôtellerie, une bibliothèque, une salle de conférences et un auditorium en plein air.

Préparer sa visite

Le musée se trouve avenue Liotard, dans le quartier Avassa, entre la lagune et la cathédrale, à courte distance à pied du musée Honmè et de la Grande Mosquée. Il s'agit d'un établissement privé : les conditions d'accès peuvent changer. Les horaires et tarifs n'étant pas publiés par une source officielle à jour, renseignez-vous sur place ou auprès d'un office de tourisme.

Horaires et tarifs peuvent changer : renseignez-vous sur place ou auprès de l'office du tourisme avant de vous déplacer.

Sources

  1. Ana Lucia Araujo, Patrimoine de l'esclavage, mémoire reconstituée : le Musée da Silva, Africultures n° 70 (2007)
  2. Express Tourisme, Le musée Da Silva des arts et de la culture de Porto-Novo
  3. Wikipédia, Musée Da-Silva

Fiche vérifiée en septembre 2026.

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