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Porte du Non-Retour

L'arche mémorielle de la plage de Ouidah, dernière étape de la Route des Esclaves, élevée en 1995 et reconstruite en 2025.

Mémorial de la Porte du Non-Retour face à l'océan à Ouidah
MémorialOuidah, AtlantiqueListe indicative de l'UNESCO

La Porte du Non-Retour se dresse sur la plage de Ouidah, au bout de la Route des Esclaves. Inaugurée en 1995, elle rend hommage aux captifs déportés vers les Amériques depuis ce rivage. Une nouvelle porte, plus haute, a remplacé le monument d'origine à la fin de 2025.

Histoire de la Porte du Non-Retour

La porte est inaugurée le 30 novembre 1995. Elle devient la dernière étape du parcours mémoriel ouvert à Ouidah lors du festival « Ouidah 92 », tenu en 1993. Le projet est soutenu par le gouvernement béninois et par l'UNESCO, qui a lancé à Ouidah, en septembre 1994, son projet « La Route de l'esclave ».

C'est une œuvre collective. Selon la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, plusieurs artistes béninois ont travaillé sous la direction de l'architecte Yves Ahouangnimon. Fortuné Bandeira a réalisé les colonnes et leurs bas-reliefs. Dominique Kouas a signé les éléments en bronze et en cuivre. Yves Apollinaire Pédé a sculpté les bas-reliefs de l'arche centrale et les statues d'egungun.

Le monument est situé sur la plage de Djègbadji. Dans sa liste indicative de 2021, le Bénin désigne ce lieu comme l'embarcadère de la traite, dernière composante à Ouidah du bien « Sites marquants de la Route de l'Esclave au Bénin ».

Ce que montrait l'arche de 1995

L'arche d'origine, en béton peint de rouge, de blanc et de jaune, associait le bronze et le cuivre. Une frise montrait deux files de captifs, les mains liées et enchaînés les uns aux autres, marchant vers les navires. Sur les colonnes, des hommes et des femmes entravés attendaient à genoux. Au revers, les artistes évoquaient les villes natales des déportés.

Des statues d'egungun entouraient le monument. Dans la culture yoruba, ces figures de « revenants » évoquent le retour des âmes auprès des familles. Des colombes encadraient aussi la porte ; elles ont disparu moins de dix ans après leur installation.

Une nouvelle Porte du Non-Retour en 2025

La porte fait partie du projet de reconstruction de la cité historique de Ouidah, conduit par l'ANPT et financé par la Banque mondiale. Selon l'agence, les interventions artistiques associent Fortuné Bandeira, les frères Pédé et Dominique Gnonnou, dit Kouas, trois noms déjà présents sur le monument de 1995.

En décembre 2025, la presse béninoise présente le nouveau monument. C'est une porte en béton de 16,32 mètres de haut et de 23 mètres de long, ornée de plus de deux cents sculptures façonnées à la main. Elle remplace la structure de 1995 et se trouve au centre des Vodun Days de janvier 2026.

Les abords ont été redessinés : une grande rampe plantée conduit au monument, le sol est dallé de granit du Bénin et un vaste espace d'assise fait face à l'océan.

Sens et mémoire

La Porte du Non-Retour évoque le départ sans retour des captifs, arrachés à leur terre et embarqués vers les Amériques. Elle ne signale pas un bâtiment d'époque conservé : c'est un monument symbolique, placé là où la mémoire locale situe l'embarquement.

À quelques centaines de mètres, le mémorial Zomachi a ouvert un espace appelé « La Porte du retour ». Il répond à la Porte du Non-Retour et s'adresse aux descendants des déportés. Ensemble, ces lieux rappellent que la traite a lié durablement l'Afrique, l'Europe et les Amériques.

Le saviez-vous ?

  • La conférence qui lance le projet de l'UNESCO, le 1er septembre 1994 à Ouidah, a pour thème « De la traite négrière au développement : réflexion sur les conditions d'une paix durable ». Elle est ouverte par le président Nicéphore Soglo et par le directeur général de l'UNESCO, Federico Mayor.
  • En 2014, le plasticien Arolando, originaire d'Abomey, installe en contrebas de la porte une œuvre intitulée Commerce triangulaire, faite de matériaux de récupération.
  • Les abords de la plage ont longtemps été convoités. Un projet de bungalows qui s'étendait jusqu'aux abords de la porte, pourtant bien avancé, a été interrompu par les autorités.

Préparer sa visite

La porte se trouve sur la plage, au bout de la Route des Esclaves, à environ quatre kilomètres du centre de Ouidah, ville située à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Cotonou. Pour en saisir le sens, le mieux est d'y arriver en suivant le parcours depuis la place des enchères, avec un guide local. Le site est un lieu de recueillement : gardez une attitude respectueuse, en particulier lors des commémorations.

Horaires et tarifs peuvent changer : renseignez-vous sur place ou auprès de l'office du tourisme avant de vous déplacer.

Sources

  1. Contemporary Monuments to the Slave Past, La Porte du Non Retour
  2. Fondation pour la mémoire de l'esclavage, La Porte du Non-Retour
  3. R. Goussanou, « La Route de l'esclave de Ouidah », Université de Liège
  4. ANPT, Projet Ouidah
  5. Le Grand Mono, « Ouidah : la Porte du Non-Retour fait peau neuve » (décembre 2025)
  6. UNESCO, liste indicative : Sites marquants de la Route de l'Esclave au Bénin (2021)

Fiche vérifiée en septembre 2026.

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