Installé dans un bâtiment colonial de 1922, le musée ethnographique de Porto-Novo rassemble des objets de la plupart des peuples du Bénin. Ouvert au public en 1966, il porte depuis 1993 le nom d'Alexandre Sènou Adandé, l'ethnographe qui fut à son origine. Ses masques gèlèdè en font une étape clé pour comprendre la culture yoruba-nago.
Histoire du musée ethnographique de Porto-Novo
Le musée est né de la recherche coloniale. Dès 1949, l'Institut français d'Afrique noire (IFAN) enregistre les premières collections. En 1957, elles sont installées dans un bâtiment de style colonial construit en 1922.
Après l'indépendance, l'Institut de recherches appliquées du Dahomey (IRAD) poursuit les collectes. Le musée ouvre officiellement ses portes au public en 1966. En 1993, il prend le nom d'Alexandre Sènou Adandé, décédé la même année.
Le musée se définit comme la mémoire des groupes socioculturels du pays. Son conservateur le décrivait comme un lieu « où l'on vient découvrir et se découvrir à travers sa culture ».
Alexandre Sènou Adandé
Né à Porto-Novo, Alexandre Sènou Adandé (mort en 1993) fut chargé du département d'ethnographie de l'IFAN et historien de l'art africain. C'est à ce titre que lui fut confiée la création du musée ethnographique de sa ville natale.
Sa date de naissance varie selon les chercheurs : sa famille retient le 7 mai 1912, tandis que des documents officiels indiquent le 12 mars 1913. Un centenaire lui fut consacré à Cotonou en mai 2012.
Son biographe Romuald Tchibozo rappelle que son nom, donné à un musée né sous la colonisation, lui confère un statut ambivalent : l'identité et le rôle de l'institution font encore débat.
À voir sur place
Les salles présentent des objets de nombreux groupes culturels du Bénin :
- les masques gèlèdè, propres aux Yoruba-Nago ;
- des collections bètammaribè ;
- chez les Dendi et les Bariba, des armes et des objets d'initiation ;
- chez les Fon, des objets royaux ;
- des pièces waama, adja et goun.
On y voit aussi des sculptures en bois, des instruments de musique, des armes blanches et à feu, une forge et des plateaux de divination du Fa.
Sens et mémoire : le Gèlèdè
Le Gèlèdè est une cérémonie yoruba-nago qui honore la mère primordiale et le rôle des femmes dans la société. Elle mêle masques sculptés, danses et chants en langue yoruba, souvent satiriques. Selon l'UNESCO, c'est la seule société de masques connue également dirigée par des femmes.
« Le patrimoine oral Gèlèdè », partagé par le Bénin, le Nigeria et le Togo, a été proclamé chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité en 2001, puis inscrit sur la liste représentative en 2008. Les masques du musée permettent de voir de près ces objets pensés pour la danse nocturne.
La cérémonie a lieu chaque année après les récoltes et lors d'événements importants. Elle se déroule la nuit sur les places publiques, avec chanteurs, tambours et danseurs masqués. Les masques représentent souvent des animaux : le serpent pour le pouvoir, l'oiseau pour la messagère des mères. L'UNESCO souligne aussi les menaces qui pèsent sur cette pratique, entre perte de savoir-faire et folklorisation touristique.
Préparer sa visite
Le musée se trouve dans le centre de Porto-Novo, à quelques minutes du musée Honmè et du musée da Silva : les trois se combinent facilement en une journée. Une visite guidée aide à comprendre l'usage des masques et des objets rituels. Les horaires et tarifs n'étant pas publiés par une source officielle à jour, renseignez-vous sur place.
Horaires et tarifs peuvent changer : renseignez-vous sur place ou auprès de l'office du tourisme avant de vous déplacer.
Sources
- Portail culturel du Bénin, Le Musée Alexandre Adandé, mémoire des ethnies du Bénin (copie archivée, 2017)
- Panafrika Tourisme, les musées du Bénin (copie archivée, 2015)
- Romuald Tchibozo, biographie d'Alexandre Sènou Adandé, Bérose (2019)
- UNESCO, Le patrimoine oral Gèlèdè
- Wikipédia, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé
Fiche vérifiée en septembre 2026.




