Le Temple des Pythons de Ouidah est un sanctuaire vodun dédié à Dangbé, la divinité serpent. Il se trouve au cœur de la ville, sur la place Agoli, face à la basilique de l'Immaculée-Conception. Des récits de voyageurs européens y attestent un culte du serpent dès la fin du XVIIe siècle.
Histoire du Temple des Pythons de Ouidah
Le culte du serpent compte parmi les plus anciens attestés à Ouidah. Le père Labat rapporte le témoignage d'un missionnaire, le père Braguez, sur une consultation du serpent par le roi lui-même, à la fin du XVIIe siècle. Dans son Voyage de Guinée, le marchand néerlandais Willem Bosman note que les serpents sont les plus importantes des divinités de Fida, l'un des noms européens de Ouidah.
Le sanctuaire a sans doute changé de place au fil du temps. En 1873, l'abbé Laffitte décrit un bâtiment circulaire en terre, couvert d'herbes sèches, où une vingtaine de serpents étaient vénérés.
À l'origine, le domaine du temple couvrait plusieurs hectares ; l'urbanisation l'a fortement réduit. Les bâtiments ont été restaurés pour le festival « Ouidah 92 », avec la participation des familles gardiennes du lieu. Selon le responsable du temple, cité par le quotidien La Nation en 2025, les pythons protégeaient autrefois le royaume xwéda et ses cultures.
Dangbé, le python sacré
Dangbé est une forme particulière du vodun. Le temple abrite plusieurs dizaines de pythons royaux (Python regius), une espèce sans danger pour l'homme, qui ne dépasse guère 1,50 mètre. La femelle, dangbé drè, est plus grosse que le mâle, dangbé kpohoun.
Les serpents ne sont pas nourris. On les laisse sortir une fois par semaine : ils chassent insectes et rongeurs et entrent parfois dans les maisons voisines. Si un python ne revient pas au bout de 72 heures, les habitants le ramènent au temple, car il est tenu pour sacré.
Les adeptes du culte portent traditionnellement des scarifications dites « 2 x 5 » : deux marques parallèles à cinq endroits du visage. Chaque 10 janvier, prêtres, adeptes, habitants et visiteurs se rassemblent au temple pour de grandes cérémonies.
À voir sur place
Le site actuel comprend deux cours. Dans la première se trouvent :
- un bâtiment en forme de cône tronqué, d'environ 12 m², qui abrite les pythons ;
- une case ronde couverte de chaume, à l'entrée, présentée comme l'élément d'origine ;
- le zingbin, grande jarre sacrée blanche de plus de deux cents ans, au centre d'une cérémonie organisée tous les sept ans.
La seconde cour, fermée par une clôture rose, abrite un iroko sacré, entouré d'un linge blanc. La tradition lui prête six cents ans et y voit la demeure des esprits des ancêtres. Sur la place Agoli, devant le temple, se dresse un baobab centenaire.
Vodun et christianisme, face à face
Le temple fait face à la basilique de l'Immaculée-Conception, construite en 1909. Une dizaine de mètres seulement séparent les deux édifices. Selon La Nation, des adeptes du vodun auraient cédé des terres aux missionnaires catholiques et aidé à bâtir l'église.
Cette cohabitation, vieille de plus d'un siècle, fait de la place Agoli un lieu où deux traditions religieuses se côtoient chaque jour. Pendant les Vodun Days, le temple et la basilique accueillent de nombreux visiteurs venus du monde entier.
Le saviez-vous ?
- Le python est l'emblème de la ville : les prix du Festival international du film de Ouidah s'appellent les « Python », et la plus haute distinction est le « Python royal ».
- Un timbre du Dahomey émis en 1963 montre un homme portant un python. Il a été remis en circulation en 2009 avec la surcharge « République du Bénin ».
- La gestion du temple repose sur les familles dépositaires du culte. En 2014, des querelles entre ces familles ont conduit le maire à fermer temporairement le site.
Préparer sa visite
Le temple se trouve dans le centre de Ouidah, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Cotonou, face à la basilique. L'entrée est payante ; renseignez-vous sur place. Contre un don, le visiteur peut être photographié avec un python autour du cou : ce n'est jamais une obligation, et il faut suivre les consignes du gardien. Le temple reste un lieu de culte actif : adoptez une tenue et une attitude respectueuses. Selon son responsable, la seule règle du lieu est de ne pas souhaiter de mal à autrui.
Horaires et tarifs peuvent changer : renseignez-vous sur place ou auprès de l'office du tourisme avant de vous déplacer.
Sources
- Wikipédia, Temple des Pythons (sources anciennes : Labat, Bosman, Laffitte)
- Agence Anadolu, « Bénin : Ouidah, une ville historique sous la protection des pythons » (janvier 2015)
- La Nation, « Basilique et Temple des pythons à Ouidah : un symbole de cohabitation interreligieuse » (janvier 2025)
Fiche vérifiée en septembre 2026.




