Le Fort portugais de Ouidah, ou fort São João Baptista de Ajudá, est construit en 1721. Resté portugais jusqu'en 1961, il abrite depuis 1967 le Musée d'histoire de Ouidah. Il fait aujourd'hui l'objet d'un vaste chantier de réhabilitation.
Histoire du Fort portugais de Ouidah
Dès la fin du XVIIe siècle, le Portugal cherche à s'établir sur la Côte des esclaves. En 1721, le capitaine José Torres, négociant et armateur, propose d'édifier un fort à Ouidah à ses frais. Arrivé en juillet 1721, il choisit le site ; le fort est bâti par des captifs du roi xwéda.
Le fort porte le nom de São João Baptista de Ajudá, Ajudá étant le nom portugais de Ouidah. Il sert de comptoir pour la traite. Le dossier déposé par le Bénin à l'UNESCO précise qu'il abritait des entrepôts de captifs.
Le fort reste une petite enclave portugaise, d'environ 4,5 hectares selon la radiotélévision portugaise RTP, bien après la fin de la traite. Le 1er août 1961, un an après l'indépendance du Dahomey, les troupes dahoméennes en prennent le contrôle. Les deux derniers représentants portugais mettent le feu aux bâtiments avant de partir. Le Portugal ne reconnaît officiellement l'annexion qu'en 1985.
Le Musée d'histoire de Ouidah
Le fort est classé monument historique en 1964. Restauré avec l'aide de la France et des États-Unis, il accueille le Musée d'histoire de Ouidah, inauguré le 6 septembre 1967. C'est l'un des premiers sites de la traite transformés en musée en Afrique de l'Ouest, après la Maison des esclaves de Gorée.
Une nouvelle restauration est engagée à la fin des années 1980 avec la Fondation Calouste Gulbenkian, institution portugaise. Elle est inaugurée le 10 août 1990.
Le musée occupe l'ancienne résidence du gouverneur portugais. Ses collections, environ 700 objets, sont organisées autour de plusieurs thèmes :
- l'ancien fort portugais ;
- le royaume xwéda ;
- le royaume du Danxomè ;
- la traite des esclaves ;
- le vodun ;
- les liens culturels entre le Bénin et les Amériques.
À voir dans l'enceinte
Le chantier en cours vise une réhabilitation à l'identique. D'après le quotidien béninois La Nation (novembre 2021), il porte sur :
- la maison du gouverneur, d'architecture afro-brésilienne, d'environ 280 m² ;
- la caserne des officiers, d'environ 300 m², avec son armurerie et son mess ;
- la chapelle, conservée ;
- un petit bâtiment évoquant la captivité des esclaves avant leur embarquement ;
- les remparts, hauts de 4,5 mètres en moyenne, et une partie des douves, laissées sèches.
Trois entrées, équipées de rampes pour les personnes à mobilité réduite, sont prévues, ainsi qu'un espace d'artisanat et une buvette.
Vers le Musée international de la mémoire et de l'esclavage
Le fort est au cœur du projet de reconstruction de la cité historique de Ouidah, conduit par l'ANPT et financé par la Banque mondiale. Ce projet prévoit la construction du Musée international de la mémoire et de l'esclavage (MIME). La première phase de réhabilitation du fort a fait l'objet d'une réception provisoire.
En janvier 2022, le gouvernement béninois faisait état de la réhabilitation de la maison du gouverneur et de la chapelle, de la construction d'une caserne d'esclaverie et d'un espace d'accueil pour les visiteurs et les scolaires. À la date de vérification, aucune source officielle ne confirme de date d'ouverture du MIME.
Le saviez-vous ?
- Le fort portugais n'était pas seul : à Ouidah, les Fon traitaient aussi avec des forts français, anglais et néerlandais. Le projet de l'ANPT prévoit de réhabiliter le fort français.
- Un recensement de 1921 ne compte que cinq habitants dans l'enclave. En 1961, deux personnes seulement y représentent encore la souveraineté portugaise.
- En 2012, la commune de Ouidah inaugure près du musée un lieu de mémoire dédié aux millions d'Africains déportés. La plaque est accompagnée d'un assin, autel funéraire fon formé d'une tige de fer surmontée d'un disque de métal.
Préparer sa visite
Le fort se trouve dans le centre de Ouidah, ville située à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Cotonou, non loin de la place des enchères qui ouvre la Route des Esclaves. Les travaux de réhabilitation et d'aménagement du MIME modifient l'accueil du public : vérifiez que le site est ouvert avant de vous déplacer. Une visite guidée permet de relier le fort aux autres lieux de mémoire de la ville.
Horaires et tarifs peuvent changer : renseignez-vous sur place ou auprès de l'office du tourisme avant de vous déplacer.
Sources
- UNESCO, liste indicative : Sites marquants de la Route de l'Esclave au Bénin (2021)
- ANPT, Projet Ouidah
- La Nation, « Fort portugais de Ouidah : vestiges réhabilités à l'identique » (novembre 2021)
- Gouvernement du Bénin, chantiers de la cité historique de Ouidah (janvier 2022)
- RTP, « O fim de São João de Ajudá »
- Wikipédia, Musée d'histoire de Ouidah
Fiche vérifiée en septembre 2026.




