
Le lien entre le port de Cotonou et Anvers est désormais l'un des plus solides de la relation entre la Belgique et le Bénin. Le 3 octobre 2026, le quotidien belge L'Avenir a consacré un article à « la touche belge dans la gestion des ports africains ». Cotonou y figure en bonne place.
Voici ce qu'il faut retenir de ce partenariat, avec des chiffres vérifiés et leurs sources.
Port de Cotonou et Anvers : une gestion déléguée depuis 2018
En décembre 2017, le port d'Anvers a d'abord signé un accord de gestion temporaire. En janvier 2018, les accords de gestion durable ont suivi. Depuis, Port of Antwerp-Bruges International (PAI), filiale du port belge, assure la gestion du Port autonome de Cotonou. Le port reste majoritairement propriété de l'État béninois.
La mission de PAI porte sur la modernisation des infrastructures, la réforme de l'organisation et la compétitivité face aux ports voisins. Elle inclut aussi le partage d'expertise en gestion portuaire. Selon La Nation, ce pilotage a permis des progrès logistiques et numériques. Le temps moyen de passage des conteneurs a ainsi été ramené à dix jours.
Un port essentiel pour l'économie béninoise
Le port de Cotonou traite environ 90 % du commerce international du Bénin, selon La Nation. Pour L'Avenir, il représente aussi 45 % des recettes fiscales du pays. Chaque hausse du trafic pèse donc directement sur les finances publiques. C'est aussi ce qui donne tout son poids au duo port de Cotonou et Anvers.
| Période | Trafic global | Évolution |
|---|---|---|
| 2024 | 9,6 millions de tonnes | |
| 2025 | 14,7 millions de tonnes | +52 % |
| 1er semestre 2026 | 7,79 millions de tonnes | +16,6 % sur un an |
La reprise de 2025 tient surtout aux exportations, en hausse de 74,8 %. Elles ont été portées par le pétrole brut nigérien qui transite par les installations de Cotonou. Au premier semestre 2026, les exportations progressent encore de 33,3 %, tandis que les importations restent stables, à 4,12 millions de tonnes.
Le port poursuit en outre ses travaux. Le Plan directeur 2021-2026 prévoit plus de 302 milliards de francs CFA d'investissements, pour porter la capacité à 20 millions de tonnes par an.
Anvers, « premier port africain »
L'Avenir donne la parole à Jean-Christophe Charlier, coordinateur du projet Global Gateway pour l'agence fédérale Enabel. Le journal résume : « Anvers, c'est le premier "port africain". 15 % de son volume se fait avec l'Afrique. » Anvers est donc le port le plus important pour les importations et exportations de produits africains.
L'Union européenne a par ailleurs identifié 12 couloirs logistiques stratégiques en Afrique. Les partenariats portuaires couvrent aussi la sécurité : gestion des marchandises dangereuses, lutte contre le trafic de drogue, numérisation des douanes.
Enabel : le port parmi quatre secteurs de coopération
La coopération belge au développement soutient aussi le port, à travers Enabel. Le programme de coopération 2023-2028 entre la Belgique et le Bénin s'élève à 45 millions d'euros. Il a été validé le 23 octobre 2023. Il vise surtout à renforcer la résilience des populations vulnérables, en particulier les jeunes et les femmes.
- Agriculture : transition agroécologique, notamment dans les filières ananas et cajou.
- Port : durabilité environnementale et travail décent au Port autonome de Cotonou.
- Santé : droits sexuels et reproductifs, lutte contre les inégalités de genre.
- Police : police de proximité, pour la sécurité et la cohésion sociale.
Le Bénin est partenaire de la coopération belge de longue date. La première commission mixte s'est tenue en décembre 1998. Une convention générale de coopération a suivi en janvier 1999.
Des entreprises belges déjà sur place
Le partenariat entre le port de Cotonou et Anvers s'inscrit dans des relations économiques plus larges. Du 2 au 9 novembre 2024, une mission économique belge de 70 délégués issus de 48 entreprises a séjourné au Bénin. Elle était organisée par l'Agence wallonne à l'exportation (AWEX). Elle ciblait l'économie verte, les infrastructures et le transport, ainsi que le numérique et les industries culturelles et créatives.
Ce que cela change pour les Béninois de Belgique
Le tandem port de Cotonou et Anvers intéresse aussi la diaspora. Pour les entrepreneurs, Cotonou est la porte d'entrée des marchandises vers le Bénin et l'hinterland. Transport, entreposage, chaîne du froid et maintenance figurent parmi les secteurs porteurs au Bénin. Pour lancer un projet, consultez notre guide créer une entreprise au Bénin depuis la Belgique et la page Investir au Bénin.
Dans l'autre sens, une entreprise béninoise peut s'installer près d'Anvers ou de Liège. Notre article sur la filiale en Belgique détaille les étapes. Pour le contexte d'ensemble, lisez aussi notre présentation du port de Cotonou et notre dossier sur la coopération Belgique Bénin.
Sources
- L'Avenir : La touche belge dans la gestion des ports africains (3 octobre 2026, article réservé aux abonnés)
- Enabel : Enabel au Bénin
- Ambassade de Belgique au Bénin : Coopération au développement
- La Nation : Port de Cotonou : une reprise confirmée du trafic
- La Météo : Le trafic du port de Cotonou en 2025 ; Nasuba : Trafic du premier semestre 2026
- Safety4Sea : Port of Antwerp takes permanent control of Port de Cotonou (janvier 2018)
Mots-clés de l'article


