
La gratuité scolaire des filles est désormais générale dans le secondaire public béninois. Depuis la rentrée du 14 septembre 2026, toutes les filles inscrites de la 6e à la terminale, dans l'enseignement général ou technique public, ne paient plus de frais de scolarité. La mesure s'applique dans les 77 communes du pays.
Elle s'accompagne d'autres décisions sociales pour les trois ordres d'enseignement. Voici le point complet.
Une décision du Conseil des ministres du 3 juin 2026
La mesure a été adoptée lors du Conseil des ministres du 3 juin 2026, quelques jours après l'investiture du président Romuald Wadagni. Le compte rendu officiel est clair : la gratuité de la scolarité dans l'enseignement secondaire général et technique public « sera effective pour toutes les filles sur toute l'étendue du territoire, dès la rentrée scolaire 2026-2027 ».
Le porte-parole du Gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, l'a résumée ainsi lors de sa conférence de presse du 5 juin :
« De la maternelle en terminale, quand on est dans l'école publique, nos filles ne paient rien. »
Le Gouvernement s'appuie sur la Constitution, qui prévoit que l'État rend progressivement gratuit l'enseignement public. Il rappelle aussi que les filles ont les mêmes potentialités que les garçons.
La gratuité scolaire des filles : une généralisation par étapes
La décision de 2026 parachève une politique de gratuité scolaire des filles engagée de longue date. Les filles du premier cycle (6e à 3e) étaient déjà exonérées des contributions scolaires. En 2023, un arrêté du 17 avril avait étendu, à titre expérimental, l'exonération au second cycle dans vingt communes.
| Étape | Classes | Territoire |
|---|---|---|
| Avant 2023 | Premier cycle (6e à 3e) | Tout le pays |
| Arrêté du 17 avril 2023 | Second cycle (2de à terminale) | Vingt communes |
| Rentrée 2026-2027 | 6e à terminale | 77 communes |
Comment les établissements sont compensés
Un arrêté interministériel du 30 juillet 2026, signé par les ministres Clément Kouchadé (Enseignement secondaire) et Aristide Médenou (Économie et Finances), fixe le dispositif. Il remplace l'arrêté expérimental de 2023.
La gratuité scolaire des filles ne pèse pas sur le budget des écoles. Les collèges et lycées publics reçoivent en compensation le montant de l'exonération accordée. Ce montant est calculé à partir des effectifs de filles validés et des taux de contribution en vigueur. Pour ne pas bloquer le fonctionnement des écoles, des avances de trésorerie sont versées dès la rentrée. Elles sont ensuite régularisées sur le budget du ministère chargé du secondaire.
Les mesures sociales du 2 septembre 2026
À l'approche de la rentrée, le Conseil des ministres du 2 septembre 2026 a adopté un paquet de mesures pour les trois ordres d'enseignement. Leur incidence financière globale s'élève à environ 30 milliards de francs CFA.
- Maternel et primaire : les cantines scolaires passent de 1,4 à 1,9 million d'écoliers, et un plan d'urgence assure la continuité pédagogique dans les zones frontalières touchées par l'insécurité.
- Secondaire : reconstruction du lycée de jeunes filles d'Abomey, travaux dans les lycées de jeunes filles (Lokossa, Natitingou, Ouidah, Parakou, Porto-Novo), réhabilitation des lycées militaires de Bembèrèkè et de Natitingou, production de 12 000 tables-bancs.
- Supérieur : bourses revalorisées jusqu'à 49 % selon les filières, 63 bus neufs, restaurants universitaires réhabilités à Dangbo, Lokossa et Parakou, nouveaux restaurants à Abomey-Calavi et Kétou, infirmeries équipées.
Inclusion : filles du technique et étudiants handicapés
Deux mesures visent l'inclusion. L'inscription des filles dans les formations techniques du secondaire devient gratuite, « afin de les encourager ». Par ailleurs, tous les bacheliers en situation de handicap reçoivent une bourse pour la rentrée 2026-2027.
Le Conseil des ministres du 3 juin avait déjà débloqué 20 milliards de francs CFA pour raccorder à l'eau potable et à l'électricité les établissements publics qui en sont privés.
Sur le terrain : la tournée du ministre Kuyema Natta
Les cours ont repris le 14 septembre 2026, après une pré-rentrée du 7 au 11 septembre. L'année compte trois trimestres. Les 1er et 2 octobre, le ministre des Enseignements maternel et primaire, Armand Kuyema Natta, a mené des visites inopinées dans les départements de l'Atlantique, du Zou, du Mono et du Couffo.
Il a échangé avec élèves, enseignants et directeurs d'écoles. Les difficultés relevées portent sur les infrastructures et le manque d'enseignants. Selon le ministre, ces préoccupations « feront l'objet d'analyse et de points au Gouvernement ».
Ce que cela change pour les familles béninoises de Belgique
La gratuité scolaire des filles concerne directement les familles qui envisagent un retour. Une famille qui rentre au Bénin avec une fille en âge d'aller au collège ou au lycée n'aura plus de frais de scolarité dans le public. Pour comprendre les cycles et les examens, consultez notre article sur le système éducatif béninois et notre guide pour rentrer vivre au Bénin.
À l'inverse, un élève qui arrive en Belgique avec un diplôme béninois doit souvent en faire reconnaître le niveau. Notre guide sur l'équivalence de diplôme détaille la procédure. Sur le volet alimentaire de la rentrée, lisez aussi notre article sur les cantines scolaires.
Sources
- Secrétariat général du Gouvernement : Compte rendu du Conseil des ministres du 3 juin 2026 ; Compte rendu du Conseil des ministres du 2 septembre 2026
- Gouvernement du Bénin : Tournée du ministre Armand Kuyema Natta
- Le Matinal : Le Gouvernement explique la mesure ; La gratuité étendue à toutes les filles
- La Météo : Comment l'État finance les collèges publics
- Banouto : La rentrée fixée au 14 septembre
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