La cité lacustre de Ganvié s'étend sur le lac Nokoué, dans la commune de Sô-Ava, au nord de Cotonou. Ses maisons sur pilotis, ses pirogues et ses parcs à poissons racontent une histoire de refuge et d'adaptation à l'eau. Depuis mars 2026, le site est classé au patrimoine culturel national du Bénin.
Histoire de la cité lacustre de Ganvié
Ganvié a été fondée par les Tofinu, un peuple installé sur les rives et les eaux du lac Nokoué. La tradition relie cette fondation aux razzias de la traite des esclaves : en s'établissant au milieu du lac, les familles se mettaient hors de portée des guerriers qui capturaient des captifs pour les vendre aux négriers européens.
Les sources ne donnent pas la même date. Certaines parlent du XVIIe siècle, d'autres du XVIIIe siècle. Le chercheur Fèmy Fagla situe les premiers établissements au XVIIe siècle et le développement de l'architecture sur pilotis au XVIIIe siècle, à l'apogée du commerce triangulaire.
Le village a beaucoup grandi depuis. Il comptait environ 10 700 habitants dans les années 1960 à 1980 et plus de 37 000 en 2013, selon les chiffres repris par The Conversation.
À voir sur place
La cité s'étend sur 21 villages répartis entre les arrondissements de Ganvié 1 et Ganvié 2. On s'y déplace en pirogue : il n'y a ni rue ni voiture, seulement des chenaux entre les maisons.
- Les maisons sur pilotis, bâties à l'origine en matériaux végétaux, aujourd'hui souvent mêlés de tôle et de ciment.
- Le marché flottant, où l'on vend depuis les pirogues.
- Les acadja, parcs à poissons faits de branchages plantés dans la vase du lac.
- L'artisanat du roseau et de la jacinthe d'eau, et les mangroves où vivent de nombreux oiseaux.
Depuis fin 2025, de nouveaux équipements ont été inaugurés dans le cadre du projet « Réinventer la cité lacustre de Ganvié » : maison des jeunes, centre artisanal et hangars du marché flottant, notamment.
Vivre de l'eau : la pêche acadja
L'acadja est un système traditionnel. Les pêcheurs plantent des branchages dans la lagune, à faible profondeur, sur des fonds vaseux. Ces branches créent un habitat artificiel où les poissons trouvent abri et nourriture, se reproduisent et grandissent.
Selon la FAO, on y récolte surtout du tilapia, des mulets et des Chrysichthys. La même source signale que les autorités encadrent l'implantation des acadja sur le lac Nokoué, pour éviter une occupation anarchique du plan d'eau.
La pêche, la pisciculture et le commerce en pirogue restent au cœur de l'économie du village, aux côtés du tourisme.
Un patrimoine vivant à protéger
Le Conseil des ministres du 4 mars 2026 a adopté le décret n° 2026-057, qui classe la « Cité lacustre de Ganvié » au patrimoine culturel national. Le gouvernement souligne que la cité subit des transformations rapides : pression démographique, évolution des modes de vie, pollution du lac, dégradation des écosystèmes et effets du changement climatique.
Le périmètre classé couvre environ 481,85 hectares. Toute reconstruction, modification importante ou construction nouvelle y demande désormais une autorisation préalable du ministre chargé de la culture.
Ganvié avait été inscrite en 1996 sur la liste indicative du Bénin à l'UNESCO. Elle n'y figure plus dans la liste actuelle, qui compte d'autres sites béninois.
Préparer sa visite
On rejoint Ganvié en pirogue ou en bateau à moteur depuis l'embarcadère d'Abomey-Calavi, au bord du lac Nokoué. Passez par un guide local reconnu : le SPF Affaires étrangères recommande de recourir à des guides agréés pour éviter les mauvaises surprises. Ganvié est un lieu de vie, pas un décor : demandez toujours l'autorisation avant de photographier quelqu'un, comme le rappellent les conseils aux voyageurs belges. Les horaires et tarifs ne sont pas publiés par une source officielle ; renseignez-vous sur place ou auprès de votre guide.
Horaires et tarifs peuvent changer : renseignez-vous sur place ou auprès de l'office du tourisme avant de vous déplacer.
Sources
- Secrétariat général du Gouvernement du Bénin, décret n° 2026-057 du 4 mars 2026
- Compte rendu du Conseil des ministres du 4 mars 2026
- Banouto, « Ganvié classé patrimoine culturel national » (16 mars 2026)
- Banouto, « Cité lacustre de Ganvié : bientôt un nouveau visage grâce à l'AFD » (10 novembre 2025)
- The Conversation, F. Fagla, « Bénin : pourquoi la cité lacustre de Ganvié perd son authenticité ? » (2023)
- FAO, profil de la pêche et de l'aquaculture du Bénin (acadja)
Fiche vérifiée en septembre 2026.




