
Le parc national de la Pendjari, au nord-ouest du Bénin, compte parmi les derniers grands refuges de faune sauvage d'Afrique de l'Ouest. Lions, éléphants, buffles et hippopotames y vivent dans une savane encore préservée. Pourtant, la sécurité de la région a beaucoup changé depuis 2019. Ce guide présente donc le parc, sa faune et sa gestion, mais aussi ce que disent aujourd'hui les conseils officiels aux voyageurs.
Un sanctuaire au cœur du complexe W-Arly-Pendjari
Le parc s'étend dans le département de l'Atacora, sur les communes de Tanguiéta, Matéri et Kérou. Au nord, la rivière Pendjari marque la frontière avec le Burkina Faso. À l'ouest, les reliefs de la chaîne de l'Atacora dominent la plaine. Avec ses zones cynégétiques, l'ensemble protégé couvre près de 4 700 km², soit environ un sixième de la Belgique.
Son histoire de protection est ancienne. D'abord réserve de faune en 1954, la Pendjari devient parc national en 1961, puis réserve de biosphère de l'UNESCO en 1986. Enfin, en 2017, l'UNESCO étend au Bénin et au Burkina Faso le site du parc W du Niger. Le parc national de la Pendjari rejoint ainsi le complexe W-Arly-Pendjari, un bien du patrimoine mondial de plus de 17 000 km² partagé par trois pays.
La faune du parc national de la Pendjari
Le complexe W-Arly-Pendjari abrite l'essentiel des derniers lions d'Afrique de l'Ouest, une sous-population en danger critique. On y trouve aussi des éléphants, des buffles, des hippopotames et des léopards. Parmi les antilopes, l'hippotrague, le bubale et le cobe de Buffon sont les plus visibles. Le guépard du Nord-Ouest, en revanche, reste extrêmement rare.
Les oiseaux comptent également : les ornithologues y recensent environ 300 espèces. En saison sèche, les mares et la rivière concentrent les animaux, car l'eau se raréfie ailleurs. C'est pourquoi les safaris se déroulaient surtout de mi-décembre à mi-juin. Pour comprendre ce cycle, lisez notre guide quand partir au Bénin, qui détaille le climat du nord.
African Parks, partenaire de l'État depuis 2017
En 2017, le gouvernement béninois a confié la gestion du parc à l'organisation African Parks, dans le cadre d'un partenariat de long terme. Cette ONG gère aussi le parc W du Bénin. Son équipe forme et déploie des rangers, surveille la faune et soutient les communautés riveraines. Par exemple, plus de 9 600 écoliers ont participé à ses activités d'éducation à l'environnement en 2024.
Grâce à ce travail, plusieurs populations animales se stabilisent, notamment les lions. Toutefois, ce travail de conservation se déroule dans un contexte sécuritaire difficile. En février 2022, des engins explosifs ont ainsi tué plusieurs membres du personnel d'African Parks dans le parc W voisin.
Sécurité : ce que disent les conseils officiels
En mai 2019, l'enlèvement de deux touristes français dans le parc a marqué un tournant, et leur guide béninois y a perdu la vie. Depuis, des groupes armés venus du Sahel ont mené plusieurs attaques dans le nord du pays. Le 17 avril 2025, par exemple, une attaque dans le parc W a coûté la vie à 54 militaires béninois.
Aujourd'hui, les conseils aux voyageurs du SPF Affaires étrangères déconseillent formellement tout voyage au nord de la ligne Boukoumbé, Toucountouna, Kérou, Kandi et Nikki. Or le parc national de la Pendjari se situe au nord de cette ligne. Suivez donc ces conseils, comme vous y invite Consulat honoraire du Bénin à Liège, et consultez leur dernière mise à jour avant tout projet.
Préparer une visite future
Si la situation le permet un jour, la visite demandera une vraie préparation. Le parc se trouve à environ 630 kilomètres de Cotonou, soit une journée de route par Natitingou et Tanguiéta. Les visiteurs entraient par les postes de Batia ou de Porga, puis parcouraient les pistes en 4x4 avec un guide agréé. Pour situer la région, consultez notre page sur la géographie du Bénin.
Un safari responsable suit aussi quelques règles simples. D'abord, on reste à bord du véhicule, sauf aux points prévus à cet effet. Ensuite, on garde ses distances avec les animaux et on respecte les horaires des pistes. Enfin, on privilégie les guides et les hébergements des villages riverains, car ils font vivre les communautés qui protègent le parc.
En attendant, le sud offre d'autres expériences nature. Par exemple, la Bouche du Roy et ses mangroves font partie d'une réserve de biosphère de l'UNESCO. Notre sélection que visiter au Bénin présente aussi le lac Ahémé et la forêt sacrée de Kpassè.
Questions fréquentes
Peut-on visiter le parc national de la Pendjari aujourd'hui ?
Les conseils belges déconseillent actuellement tout voyage dans la zone du parc. Consultez donc leur dernière version avant toute décision, car elle seule fait foi.
Quels animaux vivent dans la Pendjari ?
Surtout des lions, des éléphants, des buffles, des hippopotames et de nombreuses antilopes. Les amateurs d'oiseaux y observent aussi environ 300 espèces.
Qui gère le parc ?
Depuis 2017, l'organisation African Parks le gère en partenariat avec l'État béninois. Elle s'occupe notamment de la surveillance et des communautés riveraines.
Pourquoi la Pendjari est-elle classée par l'UNESCO ?
Parce qu'elle fait partie du complexe W-Arly-Pendjari, reconnu en 2017 pour sa savane et sa faune exceptionnelles. De plus, elle reste réserve de biosphère depuis 1986.
Le parc national de la Pendjari demeure un trésor naturel du Bénin, à découvrir lorsque les conditions le permettront. D'ici là, préparez un séjour dans le sud grâce à notre guide pour voyager au Bénin depuis la Belgique et à la fiche e-visa. Pour toute question, contactez Consulat honoraire du Bénin à Liège.
Sources
- UNESCO : complexe W-Arly-Pendjari, patrimoine mondial
- African Parks : présentation du parc de la Pendjari
- UNESCO, programme MAB : réserve de biosphère de la Pendjari
- SPF Affaires étrangères : sécurité générale au Bénin
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